Vous venez de repérer une fissure et vous ne savez pas si elle est grave. Commencez par la photographier, la dater et surveiller son évolution, sans la reboucher. Si elle s’élargit, traverse le mur ou s’accompagne d’autres signes, prévenez votre assureur et signalez-la à votre mairie, puis faites-la examiner par un professionnel.
1. Vérifiez qu’il n’y a pas de danger immédiat. Si un mur se déforme, si des matériaux tombent ou si une fissure s’ouvre brutalement, éloignez-vous de la zone et appelez les secours au 18 ou au 112. Nous pouvons ensuite intervenir en urgence si la situation l’exige, par exemple pour étayer l’ouvrage.
- Prenez des photos datées. Faites une vue large pour situer la fissure et une vue rapprochée pour montrer le détail. Vous pouvez placer une règle ou une pièce de monnaie à côté pour donner l’échelle.
3. Notez ce que vous avez observé. Indiquez quand la fissure est apparue, à quelle période de l’année et ce qui s’est passé autour : été sec, fortes pluies, terrassement à proximité, arbre planté ou abattu.
4. Ne rebouchez rien. Un enduit ou un coup de peinture masque ce qu’il faut justement observer. Si le sol continue de bouger, la fissure a de toute façon de grandes chances de réapparaître.
5. Surveillez son évolution. Reprenez une photo au même endroit à intervalles réguliers. Un fissuromètre ou un témoin permet aussi de suivre son ouverture.
6. Faites le tour de la maison. Regardez la cave, le garage, les façades et la terrasse. Comparez aussi l’intérieur et l’extérieur au même endroit.
Il n’existe pas de norme officielle pour classer les fissures selon leur largeur. Les professionnels utilisent toutefois des repères courants :
- Moins de 0,2 mm : microfissure, souvent limitée à l’enduit. À surveiller.
- De 0,2 à 2 mm : fissure qui peut atteindre la maçonnerie. Sa forme et son évolution comptent beaucoup.
- Plus de 2 mm : lézarde. Un diagnostic s’impose sans attendre.
La largeur ne suffit pas à juger de la gravité. Soyez particulièrement attentif si la fissure :
- s’élargit ou s’allonge ;
- suit les joints de la maçonnerie en escalier ;
- part de l’angle d’une porte ou d’une fenêtre ;
- apparaît au même endroit à l’intérieur et à l’extérieur ;
- s’accompagne de portes qui coincent, d’un sol qui n’est plus de niveau ou d’une plinthe qui se décolle.
Ces signes peuvent indiquer un mouvement du bâtiment, sans suffire à en établir la cause.
Dans la plupart des cas : votre assureur et votre mairie. Déclarez les dommages à votre assureur en conservant une preuve de votre envoi, et signalez les fissures à la mairie, avec des photos datées. Votre contrat et la cause retenue détermineront ce qui peut être pris en charge.
Vous pensez à la sécheresse ? Les dommages liés au retrait-gonflement des argiles relèvent du régime des catastrophes naturelles, à condition qu’un arrêté reconnaisse votre commune pour la période concernée. Votre mairie peut vous dire où en est la démarche. Si votre sinistre n’est pas encore déclaré, vous disposez de 30 jours après la publication de l’arrêté au Journal officiel. Nous détaillons le parcours dans notre article sur les étapes d’un dossier sécheresse.
Votre maison a moins de 10 ans ? Prévenez aussi votre constructeur et votre assureur dommages-ouvrage, si vous en avez un. Selon la date de réception et la nature du désordre, la garantie de parfait achèvement ou la garantie décennale peut s’appliquer.
Vous êtes en copropriété ou locataire ? Prévenez votre syndic, votre gestionnaire ou votre propriétaire. Ils organiseront les démarches adaptées.
Vous venez d’acheter ? Rassemblez l’acte de vente et les diagnostics, puis demandez conseil à votre notaire ou à un juriste si vous pensez que le désordre existait avant la vente.
L’assureur instruit votre dossier et indemnise selon votre contrat.
L’expert mandaté par l’assureur constate les désordres, recherche leur cause et indique ce qui relève du sinistre. Vous trouverez nos conseils pour préparer la visite de l’expert. Sous certaines conditions, vous pouvez aussi vous faire assister par un expert de votre choix.
Le bureau d’études et le géotechnicien étudient le bâtiment et le sol lorsque la situation l’exige. La conception des réparations peut être confiée à Asco Conseil ou à tout autre bureau d’études.
L’entreprise de travaux réalise les réparations à partir de ce cadre. Une entreprise ne remplace pas l’expert et ne se prononce pas sur la prise en charge de votre dossier.
La bonne réparation dépend de la cause. L’agrafage peut refermer une fissure et consolider le mur. Si les fondations sont en cause, le chantier passe d’abord par une reprise en sous-œuvre, avant les finitions.
Sur une maison exposée au retrait-gonflement des argiles, des travaux préventifs peuvent compléter la réparation. Ils se décident au cas par cas, selon le diagnostic.
Vous n’êtes pas obligé d’avoir déjà déclaré un sinistre pour nous appeler. Nous pouvons vous aider à préparer vos questions et vous orienter vers le bon interlocuteur. Si le rapport d’expertise est déjà disponible, transmettez-le-nous : nous organiserons une visite sur place et chiffrerons les travaux en concertation avec l’assurance et l’expert.